Quoi de plus normal que de vous parler de Korba puisque cette charmante petite ville du Cap Bon a touché le cœur de Catherine & Régis, les incitant à y installer le siège social de Lovafrica.
Accrochées à flanc de colline, les étroites ruelles de Korba, construites sur le site romain aujourd'hui disparu de la Curubis sous le règne d'Auguste, forment un labyrinthe où il fait bon flâner en admirant les linteaux des portes. Il ne demeure de cette antique cité que quelques citernes, quelques vestiges de l'aqueduc et les ruines des postes de garde des marais salants qui alimentaient Rome en sel. Ce fut certainement une ville riche et prospère. Un ami de Korba nous a même conté que, par deux fois dans sa jeunesse, alors qu'il plongeait en apnée dans les eaux turquoise de la Grande Bleue, il a distingué des ruines englouties qui pourraient être celles de l'ancien port de Curubis...
Aujourd'hui, même si les 42 000 habitants, dont bon nombre d'exploitants agricoles en font un bourg important, il règne à Korba l'ambiance conviviale et bon enfant des communes rurales. Le marché quotidien est, comme dans tous les pays du monde, le cœur de la ville. Tout au long de l'année, les harangues des marchands de fruits et légumes, de volailles et d'oeufs, d'épices et d'olives, de légumes secs, d'encens et de savon, celles des bouchers et des poissonniers emplissent bruyamment le hall du marché couvert où se bouscule un capharnaüm de chalands et un mélange d'odeurs, plus ou moins supportables...

Loin des zones touristiques, Korba a la générosité tunisienne, la fierté des villages du Cap Bon et l'authenticité terrienne.
Elle est haute en couleur; ceinte par une campagne verdoyante et par une mer d'un bleu changeant, parfois turquoise, parfois d'un vert émeraude et bordée par une immense plage sauvage de sable doré.
Appelée la " ville rouge ", parce que l'on y cultive tomates, fraises et piments dont les guirlandes, en octobre, ornent les façades de franges écarlates, elle se couvre de rose au moment de la migration des flamants.
Les vasières, au nord de Korba, en remontant vers Kelibia, sont les lieux privilégiés de ces oiseaux migrateurs. Les immatures restés tout au long de l'année sont rejoints à l'automne par les adultes venus d'Espagne et de Camargue passer l'hiver dans le golfe de Gabès. Même pour qui ignore tout de l'ornithologie, ce majestueux ballet migratoire de plusieurs centaines d'oiseaux est totalement fascinant.

Dois-je vous parler également du chant des oiseaux africains (car nous sommes bien en Afrique) dans la forêt d'eucalyptus, du pêcheur solitaire qui lance sa ligne depuis la grève et ramène de petites dorades, de la limpidité des eaux abyssales, des figues de Barbaries que l'on achète aux enfants sur le bord de la route, des oranges dans les jardins en février, du parfum des fleurs de jasmin, des couleurs des bougainvilliers et des hibiscus, du sourire gentil et complice des femmes croisées dans la rue, du regard baissé des vieilles enveloppées dans leur safsari ou des humbles paysannes drapées de leur malya, des petits vieux courbés dans leur blousa, chechia sur la tête, des dromadaires halant l'antique charrue d'un fellah (paysan), des bergers à cheval dans les prés salés, de la récolte des olives en fin d'année et de l'odeur âcre de la première pression, de la luminosité de l'aube sur la mer, de l'incandescence du coucher de soleil sur la campagne Korbienne,
ou bien ne dois rien vous conter de tout cela ?

Finalement, j'ai bien envie de vous faire rêver un peu.
Bien sûr je ne vous dis pas tout, Korba n'est pas au Paradis mais il y fait si bon vivre que je souhaite vous donner à partager ce tendre et affectueux attachement que nous avons pour ce dechra (village).

Je vous dis à bientôt.

Beeslâma.

Maryse